Commentaire
Arbacés, l'arch némesis d'Alix, voue son adversaire, Enak et le jeune roi Oribal aux gémonies et libère un barrage afin d'engloutir la ville de Zur Bakal.. rien que cela!
Une planche ayant un côté biblique comme le dit justement son ancien propriétaire.
Pour ma part, c'est du Martin quasi parfait dans la tradition néo-classique d’un David. C'est surement le premier album ou son trait n'est ni "early style" ni trop "Martinesque" comme ensuite (Decors excessivement fouillés, personnages un peu figés..) .
Sur cette page, l'auteur allie justesse, lisibilité, attention au détail et comme a son habitude rien n'est superflu.
A l'instar de Jacobs, les récitatifs sont abondamment utilisés pour densifier l'action.
A noter un encrage prononcé style Hergéen.
Enfin, les deux portraits d'Alix sont superbes et tous les cadrages et/ou échelles de plans sont différents.
L’auteur recherche dans cette planche l’efficacité dans le pur style ligne claire.
NB: Nous reverrons le roi Oribal dans "la Tour de Babel" (1981) et Arbaces dans "la chute d'Icare" (2001)
Dominique Petitfaux déclare sur cet album dans la saga du journal Tintin (edition Paris Match, 2017, p40) ; "...Dans Alix, c'est à partir du quatrième récit, La Tiare d'Oribal, que la série, jusqu'alors simple juxtaposition des séquences d'aventures, va à la fois s'améliorer graphiquement et glisser peu à peu vers son thème central, qui est une réflexion sur le pouvoir. Le grand ennemi, le grand tentateur est le pouvoir, devant lequel chacun perd la raison. Seul Alix - dont la force est d'être au dessus des passions - y échappe : même Enak (dans le Prince du Nil, qui s'inspire des mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar) y est sensible, ce qui altère un moment sa relation avec Alix. A la fin de la Tiare d'Oribal, Alix dit à Oribal qu'il "deviendra un très grand roi". Il sera dementi dans La Tour de Babel (1981), ou Oribal mourra pour avoir voulu "imposer une culture et une religion à un peuple, au mépris de ses traditions" : Alix, bande dessinée historique exemplaire, est aussi une oeuvre intemporelle."