Commentaire
La couverture :
Le dessin est composé de traits vif et justes. Au premier plan il est d'une extrême précision, et les arbres en arrière-plan ne sont que des formes suggérées au pinceau. Ceci peut-être pour mieux retranscrire la vitesse de la course du Bouncer, trop de détails auraient pu figer la scène. L'attitude du personnage est également d'un grand réalisme, sa course d'un grand naturel. Et le tout, sans aucun repentir, ce qui traduit bien la virtuosité graphique du dessinateur ! Citation de l'auteur :"La bande dessinée est une écriture qui doit être aussi limpide qu'une écriture littéraire. On doit y sentir le mouvement, le dynamisme, une fluidité qui accompagne la narration".
Ce dessin est librement inspiré de différentes vignettes de l'album "La justice des serpents" que j'ai jointes en images additionnelles.
Outre la couverture de l'intégrale, cette illustration a servi à la couverture de l'édition italienne Editoriale Cosmo, et a été publiée en pleine page du Hors série n° 11 du DBD d'octobre 2012 consacré à l'auteur (cf. images additionnelles). La légende du DBD annonce également une publication pour la couverture de l'édition américaine que je n'ai pas retrouvée.
Interview de François Boucq par Didier Pasamonik, Actua BD 8 juin 2008 :
"Alejandro avait une vision a priori très intéressante. Il disait : « Je veux faire un western shakespearien ! ». D’emblée, il se positionnait comme un rival de Shakespeare ! Je me suis posé ces deux questions : Qu’est-ce qu’un western, et qui plus est, un western shakespearien ? Et qu’est-ce que Shakespeare dans la tête d’Alejandro ? L’aspect intéressant de ce défi, c’était l’idée de rivaliser avec une sorte de tragédie antique, l’ambition de tirer le western vers quelque chose d’ambitieux du point de vue littéraire. D’un autre côté, ce qui m’intéressait, c’était de faire quelque chose d’historiquement fiable. Surtout ne pas aller voir les films hollywoodiens, ne pas essayer de s’inspirer de John Ford ou de Sergio Leone, mais essayer de reconstituer les choses surtout à partir des photos. J’aimais bien contempler certaines physionomies de personnages, entrer dans une certaine intimité que permet la photo : voir comment ils s’habillent, par exemple. Ces mecs qui passaient leur temps à faire des casses de banque étaient habillés comme des dandys, des zazous de l’époque. C’étaient souvent des gens très jeunes. Toutes ces informations donnaient le substrat à partir duquel on pouvait envisager une nouvelle manière d’utiliser l‘univers westernien pour raconter une histoire."