Dans la collection de philofanfan 
Gus : Happy Clem - Un yacht, mais pour quoi faire ? - par Christophe Blain - Planche originale
197 

Gus : Happy Clem - Un yacht, mais pour quoi faire ? -

Planche originale
2016
Encre de Chine
Case-case : 37 x 27 cm
La planche
Encadrement
Case 1
Case 2
Case 3
Case 4
Case 5
Case 6
Case 7
Case 8
Case 9

Description

Planche réalisée en 2016
Planche 37 extraite de " Happy Clem " Tome 4 de la série Gus

Inscriptions / Signatures

Signée par Christophe Blain en bas à droite

Commentaire


Entrée en matière
:


Un bijou que cet album.

A plus d'un égard, il diffère de ses devanciers : trois albums eux aussi de très bonnes factures, mais à la narration et aux contenus bien différents.

Dans ce cas présent, il y a bien - à la manière des précédents albums découpés en chapitres - un chapitre de dix pages intitulé " Happy Gus " au commencement de l'ouvrage (cf. sur ce site les planches, toutes plus belles les unes que les autres de Carbonnieux, Tzynn, Boris et BBFR extraites de ce premier chapitre), mais la suite, intitulée "Happy Clem", se fait - et pour la première fois - d'un seul tenant. Gus en sera totalement absent.

Il y a clairement un changement de ton qui s'opère : il sera ici principalement fait état des tourments de Clem. Ce dernier gagne en épaisseur, en consistance, dans un album où il ne sera quasiment jamais question des considérations amoureuses et des histoires de gaudrioles qui rythmaient les trois premiers opus de la série. Si l'album y perd en légèreté, il y gagne, en revanche, en densité.

Entre " Ernest " (Tome 3) et " Happy Clem " (Tome 4), il se sera écoulé neuf années. Neuf années durant lesquelles le trait de Blain, lui aussi, aura considérablement évolué. Toujours virtuose, toujours virevoltant, peut-être moins spontané, mais plus précis, plus chiadé.

Une galerie de vedettes du petit et du grand écran viendront rappeler au fil des pages la passion que Christophe Blain nourrit et cultive pour le Western. C'était déjà le cas neuf ans plus tôt avec " Ernest " ( merveilleux Ernest Borgnine) mais cette fois-ci : ils sont nombreux ! Dans le désordre, et entre autres ici non-énumérés, on reconnaitra : Gene Hackman, Robert Duvall, Robert Vaughn ou Gene Wilder. D'une manière générale l'album est truffé de références et il serait fastidieux, ici, de les relever toutes. Et ça, de manière aussi ostentatoire, c'est une nouvelle tendance de Blain. Deux ans plus tard, " Amertume Apache " reprendra ces mêmes procédés.

Enfin, une bonne moitié de l'action de l'album se déroule à San Francisco, Clem, citadin, y côtoie les élégantes et les élégants, et alors, de Western, de Far West, de braquages de banques, d'attaques de diligences, il n'est (pendant un temps) plus vraiment question. Clem est quincailler...


La planche :


Clem déambule dans les rues de " Frisco ". Il a le verbe affuté, la démarche chaloupée et l'assurance grossière et tapageuse des parvenus.
La devanture d'un glacier lui rappellera que si le cigare est gros, le ventre a emprunté le même chemin. Il est temps de faire de l'exercice : " Marche, Denner, marche ! ". Marcher...C'est l'occasion de pousser jusqu'au port de la cité et d'avaler ses longues enfilades de quais.
Ce sera aussi l'occasion pour notre bourgeois de vérifier que le port d'une grande ville au XIXe siècle est très souvent un lieu aussi mal famé que les bouges de l'ouest, que ses deux compères et lui fréquentaient autrefois. Le port à ses codes, et si Clément Denner à le verbe affuté...la lame du couteau l'est encore d'avantage.

Publications

  • Happy Clem
  • Dargaud
  • 01/2017
  • Page 39
  • Happy Clem
  • Dargaud
  • 01/2017
  • Page intérieure
  • Gus
  • Barbier & Mathon
  • 05/2018
  • Page 301

A propos de Christophe Blain

Christophe Blain, né à Argenteuil, est un auteur de bande dessinée français. Remarqué à la suite de la publication du Réducteur de vitesse en 1999, Blain se révèle au grand public en illustrant Donjon Potron-Minet (1999 à 2006) sur des scénarios de Joann Sfar et Lewis Trondheim. En solo, il confirme les attentes avec Isaac le pirate (2001-2005). En 2010-2011, les deux volumes de Quai d'Orsay, bande dessinée retraçant la vie au ministère français des Affaires étrangères lorsque Dominique de Villepin était ministre d'après les souvenir d'un de ses proches collaborateurs, très bien accueillis par la critiques, connaissent un engouement inattendu.
14 commentaires
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charles20220 Chef d’œuvre. Une perle ( noire)
3 janv. 2021 à 09:51
Takoum Bigre !! Quelle planche ! Décidément , encore un choix prémium !
2 janv. 2021 à 21:47
falonex Magnifique et exaltante !!!!
2 janv. 2021 à 19:04
Carbonnieux Qui mieux Blain pour commenter cette planche où les costumes font toute la différence ? Au moment de la sortie de ce quatrième volume de sa série western, Christophe Blain confiait dans son interview au magazine Carbone que "Parfois, mes personnages sont à la fois bandits et artistes, ils deviennent des esthètes de la transgression. Ils se prennent pour des illusionnistes. Il y a un hiatus entre le regard qu’ils ont les uns sur les autres et ce qu’ils sont réellement, et le costume a un rôle très important à cet égard. Depuis Isaac le pirate, c’est déjà très présent. Avec Gus, les personnages sont assez coquets, ils aiment beaucoup s’habiller, changer de vêtements, adopter des styles différents. Ce sont des bandits et ils sont donc en plus obligés d’avancer masqués. Mais ils le font comme des artistes. D’ailleurs, ils sont parfois les deux en même temps : à la fois bandits et artistes. Ils deviennent des esthètes de la transgression. Ils se prennent pour des illusionnistes, ils font des hold-up un peu comme des tours de magie. Et comme n’importe quel créateur, ils ont peur de perdre ce talent, cette capacité à l’utiliser et à l’exploiter. C’est une angoisse qui nous guette souvent et beaucoup, moi le premier – même si maintenant je l’accepte mieux, je la dompte et la perçois désormais comme un mal nécessaire. […] Tous ces personnages me permettent sans doute de me déguiser moi-même avec mon dessin. C’est encore là une forme de transgression. C’est ce qui permet d’être ce qui on veut, comme dans Gus : un jour bandit, un autre shérif. Quant à la théâtralité, il y a en effet une espèce de marivaudage avec les masques, un jeu de l’amour et du hasard qui renvoie encore à la dimension intime des récits. »
2 janv. 2021 à 15:56
oscarls1 Je l'avais déjà trouvée très belle à la lecture de l'album. Bravo pour cette acquisition qui rejoint une collection très qualitative !
2 janv. 2021 à 13:05
bobfish01 Belle planche d’un album majeur
2 janv. 2021 à 12:31
Bdborabora Une Bien Belle Planche de Christophe Blain , Très Bon Choix , Félicitations ✨ .
2 janv. 2021 à 11:40
Fly Jolie planche et super commentaire!
2 janv. 2021 à 10:37
EricB Clem dans les rues de et sur les quais de Frisco... Bravo !
2 janv. 2021 à 10:24
craoland Très jolie page de BLAIN pour sa meilleure série ,du bon western bien dynamique ,you are happy ,,bravo++++++
2 janv. 2021 à 10:22
MV9957 Je ne suis pas spécialement amateur de Blain, mais votre commentaire très intéressant et très bien écrit m'a donné envie d'y jeter un œil.
2 janv. 2021 à 10:07
lianph07 bien belle planche issue d'un album phare. Très bon choix.
2 janv. 2021 à 10:04
Difool Une collection qui s'étoffe rapidement avec de belle pièces !
2 janv. 2021 à 10:03
tzynn Une belle acquisition d’une album de haute tenue qui m’a fait découvrir la série
2 janv. 2021 à 09:31