Comment
Les planches du Garage hermétique sont parues initialement sous la forme d’un feuilleton dans Métal hurlant de 1976 à 1979 (cette planche paraîtra dans le n°40). Les planches sont rassemblées, avec d'autres parues dans France-Soir et dans Fluide glacial, dans un recueil édité en juin 1979 par Les Humanoïdes Associés sous le titre Major Fatal puis Le Garage Hermétique.
"Le garage hermétique ne se lit pas, il se savoure!". Si un univers est bien lié à Moebius, c'est celui-là. Les planches et le scénario étaient réalisés au fur et à mesure de leur publication dans la revue Métal Hurlant, chaque planche étant "improvisée". Il en résulta une histoire décousue et manquant souvent de cohérence, mais par contre un formidable laboratoire d’idées, un univers coloré et délirant, truffé de références à la science-fiction et aux super-héros. Le dessin de Moebius change d'un épisode à l'autre (la taille des planches aussi, celle-ci étant toute petite), ce qui peut encore plus perdre le lecteur. Tantôt chirurgical, tantôt simplifié à l'extrême, le dessin du maître se libère sous le pseudo de Moebius. Oui, Gir laisse ici libre cours à Moebius qui s'en donne à cœur joie. Un chef-d'œuvre qui a révolutionné la B.D des années 70 ainsi que la science-fiction et influencé nombre de dessinateurs d'aujourd'hui. Le dessinateur dira de son œuvre qu'elle est une des rares bandes à lui avoir procuré un tel sentiment de liberté, une sorte de vagabondage, de batifolage graphique.
Moebius dira avoir réalisé dans la continuité les quinze dernières planches (dont celle-ci fait partie). Après avoir conçu ses planches sans fil conducteur, il nous sort un final inattendu et surprenant (pour l'époque) qui, comme il le dit dans son introduction du Garge Hermétique, "...rassemble tous les fils pour un final qui élargit potentiellement le champ vers des incohérences infinies."