Comment
Il est des auteurs qui vous touchent plus que d'autres et Pierre-Henry Gomont fait clairement partie de ceux-là.
Ouaaahhhhh !
Je recherchais une illustration couleur pour compléter mes planches noir et blanc de Malaterre. Et quelle surprise lorsque je découvris cette illustration à la vente qui n’est pas sans rappeler son fabuleux Pereira prétend. Ni une, ni deux, elle ne pouvait être que mienne.
Elle est vraiment somptueuse cette illustration !
Et que dire de ce format…… qu’il est tout simplement généreux ! Je ne savais pas que Pierre-Henry Gomont faisait d’aussi grand format et d’autant plus à cette « époque-là ».
Au mur avec ce format gigantesque, ces couleurs chatoyantes et ce point de fuite vers la mer et ce joli ciel bleu, ça claque sévère ! Je me retrouve immédiatement dans un bain de soleil dès que mon regard croise son chemin. Ma moitié a également été conquise au point qu’elle lui accorde la place de premier choix dans notre petit cocon ! Pour dire ! Dommage que les photos ne puissent retranscrire comme il se doit toute cette générosité et cette chaleur qui s’en dégage.
Pour la petite histoire !
Deux anecdotes.
La première sur la livraison. Avec les gilets jaunes (oui, ce n’est pas un achat récent), impossible de rencontrer le vendeur. Alors, je décide de me faire livrer… non pas sans appréhension… une grande appréhension même vu le format ! Pour tout ce qui est fragile, je transite toujours par mon frère. Il a un gardien et les colis arrivent toujours sans encombre (contrairement à chez moi !). Et là, quand ma belle-soeur en plein télétravail m’envoie un p’tit sms pour me confirmer que l’illustration est arrivée (plus vite que prévu je précise) et que le créneau pour la voir est contraint, je rentre en urgence du boulot, saute dans la voiture et me tape plus d’une heure de bouchon… le tout en plein stress ! Pourvu que le colis soit arrivé intact !!! Et là, la délivrance arriva. Je déballai le carton tel un gamin un jour de Noël brandissant ensuite avec fierté son nouveau précieux ! Ah là là ! Je m’en rappelle comme si c’était hier ! Et pour finir, re-douche froide ! Des bouchons encore et encore… de quoi bien trépigner d’arriver à domicile pour profiter à nouveau de cet incroyable dessin !
La seconde sur la signature. Impossible de l’encadrer sans signature car oui, cette illustration n’était étonnamment pas signée. Et me voilà scrutant la toile depuis plusieurs mois espérant une apparition fugace de l’auteur près de chez moi. Travaillant assidûment sur sa Fuite du cerveau (et probablement la Grande Ecole avec Nicolas Mathieu, M. Goncourt 2018… rien que ça !), rien à l’horizon jusqu’au jour de la sortie de l’album et une tournée digne des plus grandes rock-stars (impressionnant le nombre d’évènements qu’il a enchaîné). J’avais donc l’embarras du choix du lieu. Je décide donc de me la jouer en deux temps, avec tout d’abord une première rencontre chez Storybulle à Montreuil qui m’a permis d’en discuter et de recueillir un agréable oui de principe ainsi que l’histoire de cette illustration qui m’était inconnue et une génialissime dédicace du professeur Albert dans la Fuite du cerveau (la première dédicace franchouillarde d’ailleurs !). Cette illustration était en fait destinée à être publiée en sérigraphie. Elle a malheureusement (ou plutôt heureusement sinon elle ne serait probablement pas mienne) eu un parcours quelque peu chaotique, ou tout du moins original dirons-nous, au point de ne jamais sortir des cartons… jusqu’au jour de cette vente a priori et tant mieux pour moi car elle avait tout ce que je recherchais. J’en suis très content. Et pour finir, je me suis rendu avec ma farde sous le bras à la librairie Bulles en tête Batignolles et le miracle est apparu avec un « bon pour encadrement ». J’en profite donc pour remercier ici, très chaleureusement, l’auteur qui n’a pas hésité une seule seconde. Un petit geste simple pour l’un peut procurer un grand plaisir pour l’autre. Par les temps qui courent, pensez-y :)
Pereira prétend !!
Je vous recommande chaudement la lecture de Pereira prétend : une vraie pépite !
Petite ptich que l'on trouve sur le site des Editions Sarbacane :
Après Les Nuits de Saturne, Pierre-Henry Gomont nous emmène dans le Portugal de Salazar.
Lisbonne, Portugal, en pleine dictature salazariste, fin juillet 1938. Dans une ville enveloppée d’un « suaire de chaleur », un journaliste vieillissant, le doutor Pereira, veuf, obèse, cardiaque et tourmenté, rédige chaque jour depuis plus de trente ans la page culturelle du quotidien très conservateur, le Lisboa. Dans cette vie endormie, déboule un certain Francesco Monteiro Rossi… et, de façon tout à fait inattendue, Pereira l’engage. Mais le jeune pigiste, au lieu d’écrire les sages nécrologies que Pereira lui a commandées, lui remet des éloges aussi sulfureux qu’impubliables de Lorca et autres Maïakovski, ennemis avérés du régime fasciste.
Et là encore, au lieu de congédier ce dangereux collaborateur, le doutor Pereira le garde, se prend peu à peu d’amitié pour lui, puis pour sa mystérieuse et belle compagne, qui se révèle être une fervente combattante révolutionnaire, au service des républicains espagnols. Devenue une oeuvre emblématique de la résistance au totalitarisme et à la censure, Pereira prétend raconte la prise de conscience d’un homme confronté à la dictature. Ou quand un homme décide de se battre la plume au poing !
« Sans aucun doute une des plus passionnantes et poignantes bandes dessinées de 2016 ! » Monique Younès
« Prix de la BD historique de Blois 2017 »
« BD RTL DE L’ANNÉE 2016 »