Commentaire
Les histoires courtes parues dans Super Pocket
L'album Par les chemins de l'espace regroupe sept courts récits de Valérian qui étaient devenus introuvables, initialement publiés fin des années 60 et début des années soixante-dix dans le Super Pocket Pilote en petit format (cf. image additionnelle). Il s'agissait d'une sorte de laboratoire d'idées et de formes où Pierre Christin et Jean-Claude Mézières vont expérimenter des trames, créer des personnages, inventer une faune et jongler avec les paradoxes de l'espace-temps.
Dans cette histoire, La planète triste, Valérian échoue près de la planète Flammil dont il visite les astéroïdes, habités dans des conditions difficiles par une maigre population. Ce sont les survivants d'une guerre atomique qui a détruit Flammil, et que Valérian s'engage à aider à son retour.
La planche
Il s'agit donc de la planche de fin de cette histoire courte, en 16 pages, parue dans le trimestriel Super Pocket Pilote n° 6 de décembre 1969. Avec une très belle vue de l'espace, et une superbe représentation du Faucon Millénium figurant dans la dernière case ! Pardon...XB982, le vaisseau de Valérian et Laureline...
La série
Mézières et Christine signent en 1967 la première aventure de Valérian, sans imaginer un instant la longévité de leur héros. Cette planche a donc été réalisée 2 ans plus tard. Christin réserve son versant optimiste, voire utopiste, à son vieil ami Mézières dont il apprécie la clarté narrative et l’humour réjouissant ! Avec Valérian, on est bien loin des Phalanges de l'ordre noir ou de Partie de chasse, du même scénariste...
Pourtant, une des caractéristiques de cette série est la référence subtile à des situations sociales, économiques, politiques et même écologiques avant l'heure, sans pour autant transformer les histoires en discours militants. Dans la préface du catalogue de l'exposition d'Angoulême, Jack Lang, alors ministre de la culture, écrit : « Valérian et Laureline, transportés dans un futur technologique qui assure confort et progrès, s'affrontent toujours dans leurs pérégrinations à des tyrans ou des dictateurs, à des sociétés où règnent conflits et injustice qui sont l'image de notre propre réalité. Et ce faisant, on peut découvrir à travers l'itinéraire de nos deux héros une lecture avisée de nos sociétés contemporaines [...] Mézières et Christin réussissent la gageure de ne pas inventer un univers de pure fiction, mais de nous entretenir sur un mode réellement divertissant des problèmes socio-politiques les plus critiques de notre temps. »