Commentaire
3ème Festival de BD de la Côte d'Azur à Juan les Pins, crayonné à la mine de plomb
C'est toute la magie de l'univers de Laurent Vicomte qui se retrouve ici cristallisée. L'empreinte graphique du tome 1 de Sasmira, sorti 3 ans avant en 1997, domine ce projet par son élégance vi(s)comtienne.
De l'autre côté du bastingage comme dans Titanic, la gracile posture du corps et la beauté d'une Sasmira idealisé émerveillent: sur la pointe des pieds pour souligner le galbe aérien de la jambe, les mains accrochées en arrière à la rambarde pour faire dresser buste comme épaules, le menton levé pour un regard tourné davantage outre-monde que vers la terre.
Et c'est toute une (belle) époque qui ressurgit aux détours du trait de Laurent Vicomte par la grâce de ces compositions du temps d'avant, ces robes délicieusement érotiques qui se (dé)boutonnent tout le long du dos, ces chevelures sans fin comme issues d'une Vénus boticellienne, ces bottines dignes d'un fantasme d'Octave Mirbeau façon Journal d'une femme de chambre, ces tailles de guêpes corsetées , ces chapeaux à plumes que nos hipsters singent maladroitement...
En bref, la quintessence d'une forme d'érotisme latent, à mille lieux des fantasmes évidents à la Serpieri.