Comment
Entrée en matière :
Stan Caïman, pudiquement baptisé " le héros chic à la queue verte " débarque dans Pilote en 1984.
Seul animal anthropomorphe évoluant au milieu d'humain, ses odyssées hasardeuses sont généralement déclinées sur deux ou trois pages. Nazillon dépravé et pervers, prédateur sexuel nuisible et dangereux, ordure démoniaque et cruelle, vipère acariâtre et agressive, félon sournois et malfaisant : c'est bien simple, ce caïman guindé et qui porte monocle a tous les défauts.
Le style de François Thomas sorte de syncrétisme entre ligne claire et style atome est ancré et estampillé années 80. Il est aussi anguleux que pouvait l'être celui de Serge Clerc à cette époque. Les costumes ont les épaules très carrées, les décors sont tapageurs et les poitrines faramineuses.
La société branchée, licencieuse et dispendieuse de cette décennie est ici outrancièrement portraiturée par Thomas qui a également travaillé comme directeur artistique et publicitaire dans les années 70/80.
La planche :
Dégoter une Stan Caïman sans seins éléphantesques relève de la quadrature du cercle...ici, point de pluriel, en tout et pour tout : UN sein ! UN seul (et, certes, l'ombre du second...) ! Pas peu fier, conscient qu'une opportunité comme celle-ci ne se présente - au mieux - qu'une fois dans la vie d'un collectionneur : ni une, ni deux je prends mon combiné et appelle le galeriste !
Cette rareté est désormais mienne !
Heureux les simples d'esprits...