Comment
"L'Orient est l'Orient, l'Occident est l'Occident ! Ils ne se rencontreront jamais."
Cette citation de Rudyard Kipling illustre parfaitement ce double album, mais également cette planche ...
Comme l'écrit Franck Bouysse dans l'Intégrale Poussin, "Le Gall nous peint une région se trouvant à la croisée des chemins, entre une modernité soudaine et des millénaires de tradition. Cette scission est très nette à la vison du palais princier ressemblant extérieurement à celui des mille et une nuits (intérieurement en état de délabrement), alors qu'à proximité du palais se trouve un village indigène (la chefferie) où vit le personnel du prince. L'austérité de la chefferie (demi-planche supérieure) empreinte de traditions, contraste avec les fastes des réceptions du palais (demi-planche inférieure)"
Le titre de travail de cette histoire était très précisément : La Terrasse des audiences du clair de lune, ou la comédie des méprises, d'après quatre préludes de Claude Debussy, musicien français (1862-1918). Dans cette comédie, où chacun se méprend sur l'autre en l'espionnant (jeu des regards sur cette planche), Le Gall nous dresse sa version de "La règle du jeu" de Renoir, via une mise en scène intérieure au découpage proche de ce film (fausses pistes / faux-semblants).
Encrage souple, noirs profonds, le dessin de Le Gall atteint l'âge de la maturité ...